DIY | Restauration d’une guitare injouable – PARTIE 1 : Intro, Ponçage

Ma première guitare électrique, une Epiphone Les Paul 100, trônait sur un mur depuis une quinzaine d’années. Elle était devenue injouable avec une intonation catastrophique (on m’avait dit à l’époque que le manche était vrillé, je pense maintenant que la raison principale c’était les frettes complètement foutues). Ca n’a jamais été un foudre de guerre mais c’était la guitare la moins chère que j’ai trouvé à l’époque (en 1997) et qui ressemblait à la Les Paul de Slash !

Récemment m’est venue l’idée de la restaurer complètement et d’en profiter pour mettre un tas de fonctionnalités que j’ai toujours rêvé d’avoir sur une seule guitare. Pour faire vite :

En électronique

  • Humbuckers splitables en single coils.
  • La possibilité d’inverser la phase d’un micro pour avoir le son de Peter Green et Brian May (Spoiler: la phase inversée fonctionne bien, mais je sonne toujours désespérément comme moi).
  • Et un killswitch parce que c’est rigolo.

En lutherie

  • Manche et corps en finition huilée (Au revoir vernis polyuréthane… non on ne se fait pas la bise).
  • Une tête en straight string pull. En français ça veut dire que les cordes restent droites entre le sillet et les mécaniques, c’est censé améliorer la stabilité de l’accordage.
  • Manche et corps entièrement brûlé inspiré par la technique japonaise du shou sugi ban.

Je casse le suspense de suite avec la photo avant / après (quelle originalité) :
BEFORE Broken Epiphone LP-100 | AFTER - Charred wood custom guitar

Elle était dans un état catastrophique : le vernis plein de coups, il manquait la moitié des pièces que j’avais piqué pour mettre dans d’autres guitares, des traces d’autocollants, de doigts, le scotch en guise de soudure (hem… la belle époque avant l’acquisition d’un fer à souder !), etc. J’avais aussi coupé le bout du manche pour me faire une frette supplémentaire sur mon dobro.

Et pour couronner le tout j’avais essayé de la brûler (oui j’ai un souci dans ma tête) pour les besoins de ce clip.

Il y avait donc du boulot… Voici d’autres photos de l’épave :

Le ponçage

Après avoir enlevé le manche et toute l’électronique du corps, j’ai pu commencer le ponçage.

J’ai fait la plupart à la main car ma machine à poncer n’accrochait plus très bien le papier, sur les endroits comme le pan coupé on a de toute façon pas le choix à moins d’avoir une machine spécifique. D’abord au gros grain (80) puis après au 220, 400 et 500. J’y ai passé plusieurs soirées entières.

C’était long et pénible mais à la fin le résultat est là (je venais de recevoir le nouveau manche aussi) :

Le vernis initial était complètement opaque sur les côtés du corps, là on voit bien les 3 pièces d’acajou collées. Et toujours pas de trace de table en érable contrairement au mêmes modèles actuels d’Epiphone, j’avais vraiment un modèle de merde 😉

A ce stade j’avais déjà agrandi le trou pour le killswitch (un bouton d’arcade Sanwa) mais je n’avais pas encore poncé la petite partie sur laquelle le manche repose.
J’avais également bouché les 2 petits trous des vis du pickguard initial avec un mélange de sciure de bois issue du ponçage et de colle à bois.

PARTIE 2 ici (le manche &  la tête)